Article tiré du journal
Le Soir.
Le CD&V continue de soutenir l'Orange bleue. C'est en tout cas ce qu'a dit dimanche à la VRT le chef de groupe CD&V/N-VA à la Chambre, Pieter De Crem. Il a aussi souligné que le cartel est opposé à une tripartite traditionnelle. Lors de la même émission, mais aussi à la RTBF et à RTL-TVi, les représentants des partis libéraux MR et Open VLD ont également répété leur opposition à une tripartite traditionnelle.
« Dès le lendemain des élections, nous avons opté pour l'Orange bleue et cela reste notre choix pour l'avenir », a dit M. De Crem. Et d'insister sur le fait que toutes les possibilités restent ouvertes, mais que l'Orange bleue reste la coalition pour laquelle tant les Flamands que les francophones se sont prononcés lors des élections du 10 juin. Pieter De Crem a encore indiqué que selon lui l'idée de remplacer le CDH par Écolo ne tient pas la route puisqu'une telle coalition n'aurait pas de majorité au Sénat.
L'important est maintenant qu'un gouvernement soit rapidement formé, a encore noté Pieter De Crem, ajoutant que le cartel CD&V/N-VA veut y jouer un rôle important.
« Nous avons reçu un mandat en ce sens de l'électeur », a-t-il dit.
Maingain croit, lui, en VerhofstadtPour le président du FDF, Olivier Maingain, le Premier ministre sortant Guy Verhofstadt (Open VLD) a un rôle à jouer pour dénouer la crise actuelle. Et d'ajouter qu'il est urgent de constituer un gouvernement avec un programme socio-économique et dans ce cadre M. Verhofstadt est celui qui a la capacité de dépasser les antagonismes.
Olivier Maingain était l'invité dimanche de RTL-TVi. Pour lui, Guy Verhofstadt a un rôle à jouer pour dénouer la crise actuelle,
« à l'équivalent de Didier Reynders ». Mais, le président du FDF opte incontestablement pour le Premier ministre sortant qui, dit-il, a la capacité de dépasser les antagonismes.
Pour l'avenir, M. Maingain s'est, comme d'autres dirigeants MR, prononcé contre une tripartite traditionnelle mais aussi contre un gouvernement d'union nationale.
« Je ne crois pas que c'est ce que les gens attendent. Un tel gouvernement aurait pour principal but de réaliser une réforme de l'État », a-t-il noté, rappelant que l'urgence était maintenant de former un gouvernement avec un programme socio-économique.
Il a évoqué la possibilité de repartir sur la base de la coalition violette sortante qu'on pourrait élargir aux écologistes. Il n'exclut pas de laisser le CD&V/N-VA dans l'opposition
« si ce cartel continue à privilégier le chantage institutionnel ».
Sur les causes de l'échec d'Yves Leterme comme formateur, Olivier Maingain est d'avis que les trois questions posées vendredi soir aux partenaires étaient
« une mise en scène pour soigner la sortie de M. Leterme ». Ce point de vue a été partagé par la majorité des participants aux débats télévisés dominicaux à l'exception d'Etienne Schouppe (CD&V) qui a rejeté une nouvelle fois l'échec sur la présidente du CDH Joëlle Milquet.
« Le but de ces trois questions était de coincer Mme Milquet », a notamment dit le ministre bruxellois Open VLD Guy Vanhengel appuyé par l'éditorialiste du Belang van Limburg Eric Donckier et par le politologue Pascal Delwit.
Tous ont pointé du doigt la N-VA
« dont le CD&V est l'otage », a notamment dit Jean-Marie Dedecker (LDD). Plusieurs intervenants dont Olivier Maingain et Guy Vanhengel ont par ailleurs qualifié d'indécents les applaudissements reçus par Yves Leterme à son arrivée au bureau de son parti.
Le prochain formateur, « un Belge fier de l'être »Pour l'avenir, tant le président du PS Elio Di Rupo que la secrétaire fédérale d'Écolo Isabelle Durant ont plaidé pour que le prochain formateur soit
« un Belge fier de l'être ».Par ailleurs, sur les chaînes flamandes, le président de l'Open VLD Bart Somers s'est également dit opposé à une tripartite. Il ne s'est pas prononcé sur les autres formules possibles. Il n'a pas exclu l'idée d'une coalition asymétrique avec le PS sans le CDH.
Il est important maintenant de mettre sur pied un gouvernement équilibré, a-t-il encore noté critiquant le fait que le CD&V continue à dire que pour lui Yves Leterme reste candidat premier ministre.
« L'important maintenant est de mettre sur pied un gouvernement, de réaliser une réforme de l'État et de veiller à ce que notre pays ne continue pas à se ridiculiser sur la scène internationale. Le c½ur du problème n'est pas de savoir qui occupera le '16' », a encore commenté M. Somers.
Le SP.A n'est pas demandeurLes socialistes flamands ne sont pas demandeurs pour entrer dans une tripartite mais ne l'excluent pas pour autant, a déclaré dimanche la présidente du SP.A Caroline Gennez à l'émission De Zevende Dag à la VRT.
Après le deuxième échec d'Yves Leterme pour former une coalition orange bleue, on évoque à nouveau la constitution d'un gouvernement tripartite. Jusqu'à présent, les socialistes flamands sont restés à l'écart du débat et des discussions et cela reste leur position favorite, a dit Mme Gennez.
« Nous avons perdu les élections. Il vaut mieux alors être modeste et se concentrer sur son propre message », a-t-elle rappelé dimanche. La présidente du SP.A attend l'initiative du Roi mais se demande si l'Orange bleue est encore possible. Et d'ajouter qu'
« avec des gens qui se sont tellement opposés et n'ont pas trouvé la possibilité de s'entendre » son parti n'est pas demandeur pour entrer dans un gouvernement tripartite. Mme Gennez n'a toutefois pas exclu une participation gouvernementale.
L'important est maintenant de former un gouvernement qui prend des mesures sur le plan socio-économique.
« Pour cela, il ne faut pas une majorité des deux tiers. Quant à la réforme de l'État, le gouvernement pourrait faire des propositions qui seront soumises au parlement », a-t-elle ajouté.
Mme Gennez s'en est également prise au CD&V qui n'avait que les mots « bonne gouvernance » à la bouche avant les élections.
« Six mois plus tard, il n'y a toujours pas de gouvernance. Pendant six mois, on a négocié avec un CDH qui croit toujours à une Belgique qui n'existe plus et avec un cartel flamand qui croit en une Flandre dont j'espère qu'elle n'existera jamais », a conclu Mme Gennez qui a qualifié les négociateurs
« de derviches qui ont tourné sans arriver à un résultat ».